Économie et Finances du SAYM

Économie et Finances du Saym

D’où vient l’argent ?

« Le budget du Sri Aurobindo Yoga Mandir est d’environ deux cent mille euros par an. Ce qui fait, en moyenne, neuf cents euros par personne et par an, soixante quinze euros par personne et par mois, pour une vie très simple, sans aucun superflu, répondant seulement à l’essentiel. Les vaches, les champs et jardins, les charges et les frais d’entretiens des locaux, etc. tout est compris.

Les dons représentent 10 à 15 % de ce budget. Tout le reste est le fruit de notre travail : le lait, les légumes, les guest-houses mais aussi les ventes solidaires – Pashmina, encens, épices, etc. et maintenant les retraites de yoga intégral. »

À qui appartiennent les terres et les bâtiments ?

Extraits du livre « Ramchandra, l’Enfant des Himalayas »

Je n’ai jamais pensé que c’était MOI qui avais fait tout ça : les ashrams, les bâtiments etc. Je n’ai jamais pensé que JE prenais soin des enfants. Je sais depuis toujours que c’est le Divin qui agit. Je fais tout ce que je peux pour le servir, selon SA volonté.

Dès l’âge de quinze ans, lors de mon initiation de sâdhu, j’ai eu l’élan spontané de vivre pour le Divin. C’était une évidence. Il m’était impossible d’avoir une vie ordinaire de famille, de travail et de loisirs, de possessions et de réussites matérielles.
C’est pourquoi rien n’est à mon nom. Rien, aucune propriété, aucun achat. Rien du tout. Tout est au nom du Sri Aurobindo Yoga Mandir.

Si toute cette organisation devait s’écrouler, et toutes les terres et tous les bâtiments être vendus, tout reviendrait au gouvernement, qui aurait en charge de s’occuper des enfants et de ma famille.

Je fais très attention avec l’argent.
Dès que j’en ai un peu, je l’utilise. Nous en avons besoin partout, dans chaque ashram. Nous en avons besoin aussi pour les études en Inde : il y a plusieurs jeunes là-bas qui font des études supérieures. Il y a tant de besoins ! Et tant de choses à organiser ! Tellement de choses.

Je fais petit à petit, étape par étape, parce que je n’ai pas beaucoup d’argent.
La première chose, c’est la nourriture pour tous et l’éducation.
Après, ce qu’il reste, je l’utilise pour construire, réparer, améliorer. J’utilise l’argent avec beaucoup de conscience. Pour moi, l’argent est une force divine. Alors je l’utilise très soigneusement… pour les bonnes causes.

Vous voyez, je n’avais pas de voiture. Nous l’avons achetée en 2016. Depuis le début de l’ashram, tout au long de ces années, j’allais à Gulmi, en bus, et je marchais. Parfois, je marchais depuis Thamgas — deux jours de marche — avec de lourds bagages, beaucoup de choses à porter.

C’est Laxmi, la première enfant de l’ashram, qui a insisté, beaucoup, et qui a promis qu’elle me donnerait l’argent pour acheter cette voiture. À ce stade, elle ne m’a pas encore donné toute la somme, mais ce n’est pas très important : je suis sûr qu’un jour elle va me donner le reste.

Pendant très longtemps, je n’ai pas eu de salle de bain à côté de ma chambre. Quand Laxmi a vu en Inde que les gurus avaient tellement de confort, « et notre Mama n’a rien », ils ne m’ont pas demandé, ils se sont consultés entre les garçons et les filles, les plus grands. Ils ont décidé de ne pas m’écouter, et de faire une salle de bain avec toilettes à côté de ma chambre. C’est récent.
Autrement, je faisais la queue, au bout du couloir, avec les enfants. Lorsque c’était occupé, je rentrais dans ma chambre… Parfois, je devais attendre une demi-heure, avant de pouvoir accéder aux toilettes. Parfois, je devais dire :
– Eh, fais vite !

Si tout continue selon la sagesse divine, tous les ashrams continueront à vivre après moi, comme l’ashram de Pondichéry continue à vivre sans la présence physique de la Mère et de Sri Aurobindo.
Je n’ai aucun doute là-dessus. Je sais que ça continuera. Beaucoup de jeunes issus de l’ashram, aujourd’hui adultes, ont cette force intérieure de don et de service, et cet élan de tout donner pour le bien de tous.

Beaucoup de gens me donnent toute la responsabilité de cette œuvre. Mais je ne suis qu’un instrument. J’ai réalisé cela à Pondichéry : ce n’est pas MOI qui fais !
Dieu fait, la Mère fait.

Comment avez-vous fait pour construire tout ça ?

« Presque tout a été fait grâce à des dons.
Ma famille m’aide beaucoup. Depuis nos années au village, plusieurs de mes frères et sœurs sont partis vivre à l’étranger. Je les sollicite beaucoup. Et puis, j’ai de très nombreux amis en Inde, du temps où j’étais sâdhu et ensuite moine à l’ashram de Pondichéry. Beaucoup d’entre eux soutiennent régulièrement l’organisation. Il y a aussi beaucoup de visiteurs, ou des gens que j’ai rencontré à l’étranger. Plusieurs donnent régulièrement.
C’est grâce à tous ces gens que tout cela s’est construit.

Lorsque nous le pouvons, nous participons aussi financièrement aux travaux et notre karma-yoga à tous, du plus grand au plus petit, est une grande aide pour toutes sortes de petits travaux d’entretien et d’aménagement. Avec moi, les jeunes adultes de l’ashram participent également beaucoup aux gros œuvres lors des constructions. Rien ne se fait sans que nous soyons présents. Il faut toujours être présent pour être sûr que les choses se fassent bien. À force d’aider, maintenant, nous savons construire des murs et beaucoup de choses par nous-mêmes. Petit à petit, les jeunes apprennent l’électricité, la plomberie, la soudure, la construction, etc. »

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