Le Népal

Un peu de Géographie

Le Népal est un pays long – 800 km – et étroit – 200 km – coincé entre deux géants : l’Inde et la Chine.
Autant la frontière avec l’Inde est plate s’étalant entre 60 et 300 m d’altitude, autant la frontière avec la Chine est vertigineuse, formée par une partie de la chaine himalayenne qui fait au total 2400 kms de long. C’est la plus haute frontière du monde !

Le Népal peut être divisé en 3 zones, la zone montagneuse, la zone des collines et la zone des plaines : la région du Teraï.

Seulement 20 % de la superficie totale du pays est cultivable.

Le Népal est à la latitude de la Floride. C’est pourquoi les jardins, jusqu’à 2300 m d’altitude, peuvent être cultivés toute l’année. Ils produisent sans cesse !

Les Himalayas du Népal comptent plus de 100 sommets au-dessus de 7000 m et 8 au-dessus de 8000 m :

  • l’Everest – 8848 m
  • le Kangchenjunga – 8586 m, 3e plus haut sommet au monde
  • le Lhotse – 8516 m
  • le Makalu – 8485 m
  • le Cho Oyu – 8201 m
  • le Dhaulagiri – 8167 m
  • le Manaslu – 8156 m, 8e plus haut sommet au monde
  • et l’Annapurna – 8091 m, 10e plus haut sommet au monde.

D’ouest en est, les principales rivières népalaises sont la Mahakali, la Karnali, la Kali Gandaki, la Buri Gandaki et la Trisuli, qui forme, avec la Kali Gandaki, la rivière Narayani au bord de laquelle est né Bouddha.

Un peu d’histoire et d’économie

L’Everest est découvert par des Européens pour la 1ère fois en 1847. Il est baptisé de son nom actuel par les Occidentaux en 1865 et, dès les années 1920, il attire l’intérêt des alpinistes qui se lancent à l’assaut de ses pentes par le Nord. Ainsi commencent les premières victimes d’expéditions, parmi lesquelles George Mallory et Andrew Irvine, en 1924, dont on ne saura probablement jamais s’ils ont atteint le sommet. En 1950, le Népal autorise l’accès à la montagne depuis le Sud, et en 1953, Edmund Hillary et Sherpa Tensing Norgay réussissent à vaincre l’Everest. Aujourd’hui, le nombre de victimes lors des tentatives d’ascension du seul Everest s’élève à plus de 300. Plus de 14 000 alpinistes ont tenté l’ascension depuis 1922 et plus de 4 000 l’ont réussie.

L’Impact de l’occident

Le Népal est ouvert aux étrangers depuis 1951 seulement. Auparavant, c’était un pays fermé, interdit aux visiteurs. En 1962, 5000 visiteurs découvraient ce pays béni des Dieux. Aujourd’hui, ils sont plus de 1,3 millions. Mais ce tourisme est en très grande partie concentré sur le trekking et les expéditions. Selon les estimations, chaque touriste s’assurait, dans les années 60 – 70, les services d’au moins deux népalais, qui ne vivaient pas nécessairement dans la zone himalayenne. Cela provoqua une « immigration » annuelle de près de 15000 porteurs dans les régions de montagne. L’économie des villages en fut bouleversée. Les paysans préféraient vendre la nourriture à prix fort à un étranger plutôt qu’à prix coûtant à leurs concitoyens. Et la situation ne s’est guère améliorée depuis. Tout cela a énormément déstabilisé la vie des villages et apporté une immense pollution en déchets de tous ordres en zone de montagne : plastiques, bouteilles d’oxygènes, toiles de tentes, etc. Il n’existe aucune usine d’incinération ni de traitement de l’eau au Népal. Par ailleurs, cet afflux de trekkeurs du monde entier a appris aux enfants de ces villages, à force de cadeaux, à systématiquement mendier des bonbons et du chocolat à chaque marcheur qui passe. Ce point est bien triste car il enferme le peuple dans une attitude miséreuse et soumise au lieu de le grandir et de l’ennoblir.

Par ailleurs, l’utilisation systématique du bois de construction et de chauffage par les népalais, associée à l’augmentation de la démographie, ont engendré une déforestation massive, à laquelle a très grandement participé cet afflux de visiteurs pour les trekkings et les expéditions qui s’approvisionnaient en bois de chauffe, en particulier à des altitudes où la pousse des arbres est extrêmement lente.
C’est ainsi qu’ont déjà disparu des forêts entières de résineux et de conifères, de même que de nombreux arbustes et genévriers. En 20 ans, à partir de 1960, les forêts du Teraï ont perdu un tiers de leur étendue.
Érosion et inondations sont les conséquences désastreuses de ce déboisement. Aujourd’hui, des efforts sont entrepris pour tenter de préserver le manteau végétal et la faune du pays : reboisement, création de parcs nationaux, réglementation, etc. Associés à l’interdiction aujourd’hui de couper du bois pour les trekkings et expéditions, ils ont permis de freiner, voire parfois d’enrayer, le processus de déforestation. Mais tout cela reste très insuffisant.

Malgré la manne touristique, le Népal reste l’un des pays pauvres du Monde. Près de 70 % des ménages népalais sont dans une situation de vulnérabilité et vivent avec moins de 300 roupies par jour, soit 2,25€… à peine 67€ par mois.
Ici, comme ailleurs, les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches. Quand on sait que les terrains à côté du temple de méditation de l’ashram sont à plus de 500€ le m2, cela pose question. Il y a donc, comme partout dans le monde, une population de plus en plus riche.
De fait, la guerre civile maoïste, entre 1996 et 2006 a généré une forte richesse de certaines personnes grâce au racket systématisé. Les révolutionnaires venaient dans les villages, faisaient sauter une maison et demandaient aux autres de leur donner de l’argent faute de quoi, leur maison sautait aussi.
L’énormissime afflux d’argent occidental, et venant d’autres pays du monde, consécutif aux tremblements de terre de 2015, a également grandement participé à un fort accroissement de la corruption et à un enrichissement de certaines personnes.
Enfin, les travailleurs migrants sont de plus en plus nombreux au Népal. Les chiffres officiels montrent que 294 094 Népalais ont émigré pour trouver du travail en 2010, contre 55 025 en 2000. En 2012, la Banque mondiale a calculé que les envois de fonds représentaient 22 % de l’ensemble de la production économique du Népal et ce chiffre est en augmentation. Les véritables chiffres atteindraient environ le double. Le Népal est la deuxième plus grande force de main-d’œuvre migrante au Qatar après l’Inde (Secteur de la construction au Qatar).

Bien sûr, le tourisme prend une grande part dans l’économie du pays. Il offre un minimum de travail à de très nombreuses personnes. Mais lorsque les tremblements de terre ont eu lieu, les touristes ont déserté le pays pendant un an ! Cette situation s’est, qui plus est, accompagnée du blocus de l’Inde. Le géant voisin avait fermé ses frontières pendant 7 mois pour forcer le Népal à voter une constitution hindoue plutôt que laïque. Ce fut une période économiquement très difficile. Les catastrophes et l’instabilité politique peuvent éliminer du jour au lendemain cette manne économique. Cela rend le Népal très vulnérable.

C’est en réponse à tout cela que Ramchandra privilégie l’éducation et l’instruction des enfants, le seul moyen à ses yeux de permettre au pays d’évoluer vers une économie plus sereine et équilibrée, mais aussi plus sociale et spirituelle.

Société et Spiritualité

Le Népal compte presque 30 millions d’habitants, plus de 60 ethnies et castes différentes et autant de langues et dialectes :

  • La caste des Kshatriya – les guerriers – représente 16 % de la population.
  • La caste des Brahmanes – ceux qui étudient la connaissance (normalement), représente 13 % de la population.
  • Les Tharu, les premiers habitants du Teraï, représentent 7%.
  • Les Tamang, proches des tibétains et des sherpas, vivant au nord et à l’est de Katmandou, représentent 6% de la population népalaise…
  • Les Newar, les 1ers habitants de la vallée de Katmandou, constituent environ 5 % de la population népalaise…
  • Les autres principaux peuples du Népal sont les Gurung, 1,7 % des népalais, vivant dans la région de Pokhara, les Thakali, les Kiranti et les Magarn…
  • Les sherpas, l’ethnie la plus connue dans le monde par la capacité de ce peuple à porter de lourdes charges dans les hautes montagnes, ne représente que 0,5 % de la population.

Traditions

Une des traditions spécifiques du Népal et la tradition des déesses vivantes datant du XVIIe siècle : les Kumaris.
Elles sont 12. Les petites filles, dès 4 ans, issues de familles bouddhistes, sont choisies parmi des milliers de candidates par un comité de prêtres bouddhistes. Chacune d’entre elles est sélectionnée au moment où elle perd sa première dent de lait et doit démissionner au moment de ses premières menstruations, pour revenir à la vie normale.
Il arrive de croiser une procession avec la Kumari à Patan ou Bhaktapur, les anciennes cités proches de Katmandou.